Au Japon, dans une église

On est au Japon, dans le sud de Kyoto, là où les maisons sont encore plus petites qu’au nord et où l’on vit encore plus les uns sur les autres. Quelques stations au sud de la gare de Kyoto, et malgré les barres d’immeubles, c’est la campagne dans le coeur des gens.

Comme dans d’autres pays, il y a des jeunes sur des scooters qui attendent le samedi soir pour monter en ville. Comme ailleurs, il y a le petit café de la rue commerçante avec ses habitués. Trois, elles étaient trois femmes pour ce petit café. La copine, la mère et la fille. Ici, pas de formule de politesse rabâchée pour chaque personne qui rentre. Le service se fait après la fin de la scène du feuilleton qui passe sur cette petite télé placée sur le frigo.

Cérémonie

Puis vient le temps de la cérémonie. Si les mariages au Japon sont souvent célébrés dans de fausses églises avec des croix en forme de la croix et avec des prêtres aux allures de prêtres, ce mariage-là n’avait rien de tout ça. Une vraie église, un vrai prêtre (japonais) et un public fervent qui, quand-il dit « amen », on a envie de rire, pensant à « ramen » (les nouilles). Aux murs, deux kakejiku, deux toiles verticales de calligraphie, mais aussi une peinture : des agneaux, un berger et des palmiers. Références d’ici et là bas.

L’église est petite, une église construite par une minorité. Cela semble être les débuts du catholicisme, mais il y a du plastique partout. Elle n’a rien de clinquant, elle ressemble à bon nombre de bâtiments japonais, faits avec des murs très fins et peu de moyens. Pas de staff, pas de jeunes filles charmantes habillées d’un même uniforme. Juste quelques petites grands-mères qui s’affèrent aux dernières préparations. A l’entrée, on se déchausse avant de faire le signe de croix. On est d’abord au Japon. La cérémonie a un air de déjà vu, en France. Les chants, l’attitude des enfants qui n’arrivent pas à tenir en place, on se lève, on se rassoit, c’est sûr, c’est une vraie messe !

tea party

Finalement, les plus étrangers ici, ce sont les Japonais qui ne sont pas catholiques. La cérémonie se termine. Chacun aide pour ranger les bancs. L’église se transforme en petite salle de réception. Cette salle peut servir à tout, en témoignent les étagères remplies de livres pour le catéchisme. A côté, il y a un petit coin cuisine qui ressemble à ces coins cuisines de la salle communale du village où l’on fait le catéchisme, en France. On y prépare des petits fours et des gâteaux, servis sur de la fausse dentelle avec une vraie envie de bien faire. Sur les tables, pas de baguettes. Il va falloir prendre ce qui est offert avec les mains. On se débrouille, on s’aide, on vient nous proposer, le regard des hommes de plus de 50 ans n’est pas le même que ceux de ces salarymen qui bondent les métros nippons. C’est un peu un voyage dans l’inconnu : l’esprit de groupe est fort dans cette petite église, mais bien différent de celui ressenti dehors. Ce n’est plus vraiment le Japon comme on le connaît et c’est un peu troublant.

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2 réponses à Au Japon, dans une église

  1. akaieric dit :

    C’est émouvant… voilà enfin le Japon hors des entiers battus.

  2. Barney dit :

    Je ne crois pas que cette église soit catholique; les prêtres doivent porter l’aube en célébrant la messe.
    Il me semble que c’est une église anglicane.

    La situation des églises catholiques est quand-même pareille.

    Catholique, Japonais, ex-Diocésain de Kyoto.

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