Après avoir été
surprise dans un love hotel avec un joueur de baseball, une vedette de
la télé japonaise doit mettre un terme à sa carrière médiatique.
L’animatrice japonaise Mona Yamamoto va arrêter toutes ses activités de
télé après avoir été surprise dans un love hotel avec Tomohiro Nioka,
un joueur de baseball des Yomiuri Giants. Selon le magazine féminin Josei Seven, Mme Yamamoto aurait dîné avec M.
Nioka après avoir présenté pour la première fois le programme
d’information Sakiyomi sur Fuji TV dimanche dernier. Ils se sont
ensuite rendus dans un love hôtel. Suite.
Le Japon a un côté fantastique. A chaque moment, au coin d’une rue, d’un article, dans un parc ou d’un pachinko, il peut vous balancer à la figure quelque chose qui vous le fera haïr. Le Japon est un pays hypocrite. Certes, la presse étrangère est abonnée aux infos qui permettent un Japan bashing efficace, mais certaines fois comme ci-dessus, il n’y a pas d’excuse. Encore, cette présentatrice télé a de la chance. Quoi de mieux que d’arrêter un tel métier éprouvant ?
Elle a plus de chance que la présentatrice Ako Kawada qui a fait parler d’elle il y a un mois et demi en se suicidant. Peut-être plus de chance que certains des membres du groupe SMAP qui animent tout ce qu’ils peuvent à la télé japonaise. L’un d’eux n’a pas perdu son job, mais il a perdu tous ses cheveux. D’autres, qui ne passent pas à la télé, perdent toute dignité chaque vendredi soir.
L’appartenance à un groupe, une société, qui plus est une compagnie de spectacle, de divertissement comme l’est une chaîne de télévision ou un club de baseball, ne peut aboutir à ce genre de dérapage. Dérapage publique, faute à une presse de poubelles: certains sont contents, ces articles ne sont plus traduits en anglais sur le site du journal mainichi. Mais restent les rédacteurs. Et les lecteurs qui sont les premiers à s’y rendre, dans les love hotel.
Le macho méditerranéen montre ses muscles et ses poils dépassent de son marcel. Le macho japonais écrit des articles, cachés dans un sac à ordures et rêvent de rabaisser les femmes qui ont une meilleure situation que lui, celles qui ne sont pas de bonnes mères au foyer comme l’était sa maman avec qui il a dormi jusqu’à l’âge de sept ans pendant que son père prenait des pots avec ses collègues. En écrivant sur la présentatrice qui est allée dans un love hôtel, où le love signifie achat de temps et d’espace pour activités privées, le macho japonais s’imagine avec une cochonne qu’il voit à la télé. Manque de bol, il a des cheveux gras comme son ventre et doit passer par des sites de rencontres sur internet via son téléphone pour trouver une gamine de 16 ans qui veut bien se faire payer.
Je vais trop loin dans ma liste des horreurs nipponnes ?
Comme dans un cauchemard, le Japon peut être un paradis du beau, de la finesse, du goût, des odeurs, des couleurs, des beautés, des créations, le tout encerclé d’une inconscience collective générale a qui l’on pourrait dire demain: notre organisation hiérarchique supérieure nous permet de nous passer de la réflexion personnelle et tant qu’on y est, du vote démocratique (ça prend du temps).
Le sens du service est arrivé à un tel point dans certains endroits du centre-ville que tout n’est plus que rationalisation des paroles, des gestes, des actes. Un peu plus loin, un bâtiment de métal et béton sort du sol en un magnifique ensemble bleu: un chantier devient beau.
La serveuse de l’izakaya ne fait plus que crier, elle ne réfléchit pas. La serveuse du magasin de glaces ne me parlait pas, elle parlait à son micro. L’effacement de l’humain, qu’il soit un collègue dans la cuisine ou le client en face de soi, est de rigueur.
L’humain est imprévisible. L’employé à 800 yen de l’heure qui veut payer son loyer ne l’est plus. Par quel miracle ? Le manuel de la compagnie ? L’école ? La mère avec qui il a dormi jusqu’à l’âge de sept ans ? Les présentatrices télé qui ne disent pas qu’elles vont dans des Love Hôtel ?
Le Japon serait donc comme ces sabres qu’il produit. Magnifique de précision, de finesse. Une décoration sobre, une ligne parfaite. Mais il peut couper et faire très mal. Le sommeil aidant, ce rapprochement ne me semble pas trop ridicule. Je peux alors cliquer sur le bouton «publier» et aller me coucher.















c’est pire que du politiquement correct, on ne peut même pas avoir une aventure sans risquer de perdre son job, pfuuuuuuuuuu………
Petite précision : le joueur de baseball avec qui elle aurait eu une aventure est marié (à une ex-présentatrice TV nommée Chiharu Yôine, source Wikipédia).
Et comme le précise l’article d’Aujourd’hui le Japon, c’est la 2ème fois que la presse révèle qu’elle a une aventure avec un homme marié, et la 2ème fois qu’elle en perd son job.
De source locale, il y aurait des rumeurs comme quoi elle aurait manqué de professionnalisme pour son premier journal sur Fuji TV, et notamment qu’elle en aurait zappé le débriefing pour aller retrouver cet homme…
Tiens, et si ça avait été un homme, il aurait été démissionné ? Pas sûr…
Et si ça avait été en France, par exemple Laurence Ferrari avec un joueur de foot, elle aurait été démissionné ? Possible, non ?
En tout cas c’est dommage, j’aimais bien Mona, elle faisait moins potiche que les autres !
Superbe article.
Aller au love hotel est ce un crime ?. Alors qu’il doit y avoir plus de love hotel que de macdo et starbucks réunni au Japon !
Pour finir, la presse japonaise ressemble assez à la presse anglais en pire !
ça fait peur !
Eh bein ! c’est d’etre venu a Osaka qui t’as mis dans cet etat ? : ) En tout cas c’est bien ca va remettre les pieds sur terre a ceux qui idolatre un peu trop facilement le Japon… Pour en revenir a Mona, c’est vrai que la presse nippone, mais aussi la presse en genenral, aime bien ce genre de sujet… surtout quand, comme elle, elle les accumule quand meme bien. Bref, on sait sans doute comment elle en est arrive la (oops… facile). Et pour le SMAPien qui n’a plus de cheuveux, il parai que c’est pour un film ou un « drama » qu’il se raserai la tete, info ou intox…. enfin, on sens que tu as besoin de petites vacances en France toi, ah ca tombe bien , )
Excellent article.
D’illusions en désillusions.
Ecriture virtuose d’une description oublié d’un côté underground Nippon permet de remettre les pendules à l’heure et de voir (entrevoir) une face caché, ignoré peut être, que peu de gens connaissent ou imagines.
Encore une fois, merci pour ton écriture fluide et exquise.
Tres bon ticket!
excellent article, qui permet encore une fois de ce rapprocher et « mieux comprendre » ce pays intrigant!
Superbe post, totalement dans le vrai, et terrible a vivre au quotidien… d’autant qu’a force on accepte cette verite…
PP,
Tu voulais dire « virer », au lieu de « démissionner » je pense.
« il aurait été démissionné » : Ça ne veut rien dire.
Sinon, pour ce genre de presse, passez a coté !
Je suis d’accord pour le Japon , finition souple et douce mais tranche comme un rasoir…
Superbe article
Très bon article et 100 % d’accord avec cette perception du Japon … C’est ce qui fait que je l’aime aussi … Encore !
pas vraiment éblouie, une conclusion qui rappelle les docs du bon vieux temps de jadis;
en matière d’illusions et de désillusions, la France des Droits de l’Homme et son Ministre de l’Immigration auraient du mal à donner des leçons aux autres quoique la caissière de supérette et son sourire de carton pâte…
Je ne connais pas le Japon et je le découvre à travers vos yeux. Je suis parfois surpris et aussi un peu amusé par ce blog. En tout cas merci de partager ceci avec moi.
L’harmonie pataphysique est parfaite et ne saurait que l’être…
Même au Japon, nul ne saurait échapper aux solutions imaginaires. Et au croc-à-merdre de l’infâme Ubu.
Merci pour cette note d’une justesse qui tranche !
vue francaise, cette femme est une prostituee qui couche avec tout le monde avec facilite
hallow evry body ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..
thank;s
Le Japon, « civilisation des extrêmes »… y compris en matière d’hypocrisie ?
Dans ce pays, où l’apparence joue un rôle fondamental, les réactions humaines peuvent apparaître dénuées de toute spontanéité. Je me souviens d’une magasin de confiseries à Umeda (Osaka) où l’un des vendeurs, bien qu’il ait le dos tourné vers la salle, ne cessait de répéter « arigatou gozaimasu », tel un robot… alors qu’il n’y avait plus de client!
Pour ce qui est de la triste histoire de Yamamoto Mona, elle apparaît, effectivement, comme le reflet de la chappe de plomb qui pèse sur la condition féminine au Japon. Certes, le fait « d’être découvert » y est perçu comme un déshonneur autant pour les hommes que pour les femmes, mais j’ai l’impression que la sanction sociale est bien plus sévère pour ces dernières. Là-bas, une femme qui travaille se doit d’être « irréprochable » aux yeux de ses congénères masculins. Comme si elle devait « payer » symboliquement son refus d’être mère au foyer…
Merci, en tout cas, pour cet intéressant « coup de gueule » qui montre un des côtés sombres du Pays du Soleil.